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LA SOMME A VELO – Sur les traces de la Bataille de la Somme

Mai 2022. Somme Tourisme me lance un nouveau défi : découvrir une partie de la Somme à vélo. Un parcours de 3 jours sur la Véloroute vallée de Somme et la Véloroute de la mémoire entre Amiens, Corbie, Péronne et Albert.

L’objectif ? Rencontrer des passionnés de la Grande Guerre, qui partagerons avec nous la sombre histoire de la bataille de la Somme.

En bref

La véloroute Vallée de Somme, c’est 160 km, 30 belvédères et 8 maisons de la vallée.

Depuis Ham jusqu’à l’embouchure du fleuve dans l’estuaire de la baie, le chemin de halage a été aménagé sur la quasi totalité du parcours en une piste cyclable paisible et tout confort. On se laisse guider par le fil de l’eau et on profite des richesses historiques et naturelles de la vallée sur 160 km.

On peut démarrer par la source à Fonsomme dans l’Aisne pour les plus téméraires car depuis la source on jongle entre les petites routes, le canal de St-Quentin puis le canal du Nord qui superpose la Somme. Il vous faudra un VTT si vous souhaitez ensuite rester sur le halage ou sinon suivez la signalétique depuis Ham. Le halage est aménagé sur 90% du fleuve jusqu’à la Baie de Somme.

L’itinéraire

J1 – Amiens à Corbie par le chemin de Halage

Hébergement : Corbie
Distance : 19km

Compter environ 1 heure de trajet en train depuis Paris, pour la gare d’Amiens.

Direction Corbie (19km) via la véloroute, en passant par le Chemin du Halage ; Une fois à Corbie, rencontre avec Christophe Podigue de la Brasserie Artisanale Picardennes.

J2 – Corbie à Péronne

Hébergement : Camping du Port de Plaisance
Distance : 44 km

J3 – Péronne à Albert

Hébergement : Albert
Temps de marche : 45 km

J4 – Albert – retour à Amiens

De Amiens à Corbie

Je débute donc mon aventure à Amiens, connue pour sa cathédrale gothique et ses hortillonnages. Depuis la gare d’Amiens, en à peine 5 minutes on se retrouve déjà en pleine nature : on se met à longer les hortillonnages d’Amiens également appelé : la petite Venise du Nord.

chemin du halage
Chemin du Halage

Rouler à vélo le long du fleuve de la Somme, presque seul. Ça me ravivait de beaux souvenirs. Mais surtout, ça me faisait beaucoup de bien. J’observais sur mon chemin les pécheurs du dimanche, les hortillons sur leurs parcelles de jardins maraîchers et sa faune locale notamment composée de bovins (des vaches ou des bœufs) ou encore d’oiseaux de toutes sortes telle la grande aigrette et son long bec.

Après 19 km à pédaler presque seul, j’arrive à Corbie ma première étape et j’ai un peu soif. Alors je pars à la rencontre de Christophe, propriétaire de la Brasserie Artisanale Picardennes. Il m’explique comment il fabrique sa bière.

Christophe Podigue – Brasseur à Corbie

Pour fabriquer une bière c’est pas difficile. Nous avons besoin d’ingrédients, des matières premières : de l’eau, du malt d’orge, de la levure puis du houblon. Du matériel (cuve de brassage, barboteur…) et pour terminer, évidemment, un brasseur.

Ici, à la brasserie Artisanale Picardennes, nous faisons 2 marques : La Mascotte et La Caroline – la caroline il faut savoir qu’il y a une petite histoire en rapport avec la vie de Corbie, la ville où nous nous trouvons actuellement. Du temps de Charlemagne (années 770 – 780) ; ce dernier a imposé une écriture pour qu’elle soit beaucoup plus lisible. Une écriture très ronde, des espaces entre les mots : nommée la minuscule caroline, une écriture qui est donc apparue sous l’impulsion de charlemagne.

Christophe – propriétaire de la Brasserie Artisanale Picardennes

Je dormirai pour ma première nuit chez deux abonnés, non loin de Corbie. Mais il est évidemment possible de se loger et se restaurer dans de nombreux hôtels et restaurants dont : La Caroline (hôtel-restaurant) : 6 place Roger Salengro et L’abbatiale (hôtel-restaurant) : 9 place Jean Catelas

De Corbie à Péronne

Le lendemain, pour ma deuxième journée, je prends la direction de Péronne. La journée est ensoleillée et le dénivelé reste très léger alors que je continue à suivre les écluses et à traverser les petits villages qui se situent de part et d’autre du fleuve. Je traverse le marais des vaches à Etinehem Mericourt, composé d’une multitude de petits étangs et de marais. De là, il est alors possible de grimper jusqu’en haut du belvédère du camp césar de Chipilly. Le site m’offre un panorama exceptionnel sur les environs.

Alors que je reprends ma route. J’arrive dans le petit village de La Neuville-les-Bray où je rencontre un passionné : Alain Blondin, cheminot bénévole du P’tit Train de la Haute Somme.

La ligne du P’tit train de la Haute Somme, longue de 7 km, faisait partie d’un réseau construit par les armées françaises et britanniques pour la bataille de la Somme. Alain me montre les anciens trains à vapeur utilisés lors de la bataille de la Somme. Il me fait même monter dans l’un d’eux et m’explique comment le conduire.

Un des trains exposés qui a servi lors de la Bataille de la Somme
Un des trains exposés qui a servi lors de la Bataille de la Somme

Nous avons ici la plus grande collection de matériel à voie étroite préservée sur les lieux d’origine, d’Europe. Ce lieu a été construit pour alimenter le front pour les armées anglaises et françaises. Il n’a donc servi que trois ans, de 1916 à 1918.

J’ai été élevé dans les gares moi, mon père était chef de gare. Etant gamin j’habitais dans les gares donc j’ai attrapé un virus, qui est ma passion pour les trains. Et ce virus, on n’a toujours pas trouvé le vaccin ! D’ailleurs je tiens pas à me soigner. Donc j’ai cette passion depuis toujours, depuis que je marche je suis passionné par les trains.

Alain Blondin, cheminot bénévole du P’tit Train de la Haute Somme.

Je continue mon chemin en longeant la voie ferrée du petit train (Haute Somme), en direction de Cléry, où j’ai rendez-vous avec Carole, guide nature et des champs de bataille.

Au niveau de la qualité de l’eau, quand on voit des cygnes (les oiseaux) généralement avec leurs petits c’est que c’est bon signe justement. A l’époque de la bataille de la Somme, il faut s’imaginer que le paysage était dévasté. La petite maison que l’on voit là en bordure, c’était la gare. Le chemin de fer longeait les étangs pour apporter des provisions d’armes aux soldats sur le front. Il faut vraiment imaginer qu’il y a 100 ans nous n’avions pas tous ces arbres, toute cette nature qui s’est développée par la suite.

Carole

Cette deuxième nuit, je dors dans un endroit assez insolite : un tipi, rien que pour moi, situé au camping de port de Plaisance de Péronne. C’est agréable de pouvoir se reposer seul et entouré de nature.

De Péronne à Albert

Les mémoriaux de la bataille de la Somme

J’entame la dernière étape de mon périple pour enfin m’engager sur le circuit du souvenir et longer les nombreux mémoriaux de la bataille de la Somme.

La bataille de la Somme de 1916 est l'affrontement le plus sanglant de toute la Première Guerre mondiale. Le 1er juillet 1916 (premier jour de l'offensive) reste d'ailleurs la journée la plus meurtrière de toute l'histoire militaire britannique, avec près de 20 000 morts et 30 000 hommes mis hors de combat dans les six premières minutes de la bataille. Pour s'imaginer l'ampleur de cette bataille, alors que la tristement célèbre bataille de Verdun comptabilise 305 000 morts dans les deux camps La Bataille de la Somme elle comptabilise 442 000 morts ou disparus soit 137 000 de plus qu'à Verdun. 

C’est à Longueval, que je visite mon premier mémorial et pas des moindre : le mémorial sud-africain. Erigé au cœur du Bois Delville, rebaptisé Devil’s wood (Bois du Diable), le mémorial rend hommage aux soldats sud-africains qui connurent ici leur baptême du feu. Sur les 3153 hommes qui participèrent à l’attaque du 15 juillet, seuls 143 revinrent indemnes 5 jours plus tard.

Un peu plus de 10 000 sud-africains sont commémorés sur ce mémorial. Ce fut une guerre très sanglante pour eux, puisque 90% de leur troupe, engagée dans ce bois, surnommé le bois du diable pendant la bataille de la Somme, a été décimée.

Lucie – chargée de communication pour la CWGC

Alors que je continue ma route, perdu dans mes pensées, les nombreux mémoriaux se profilent à moi non loin du village de Pozières : le mémorial du Moulin à Vent, le Monument aux Tanks, Le Mémorial aux animaux, celui de la Première Division australienne…

J’arrive alors au mémorial le plus imposant et connu de la région : le Mémorial de Thiepval où je fais la rencontre avec un personnage très particulier, David Moody : Jardinier de la CWGC.

Je suis le chef jardinier en charge du groupe de Thiepval. Notre rôle c’est en majeure partie l’horticulture. Nous on gère tout ce qui est gazon, haies, les plantes, les fleurs fanées, on traite les gazons… Ici on est à Thiepval, au mémorial britannique. C’est le mémorial qui compte le plus aux yeux des anglais, comme ce qu’est le mémorial de Vimy pour les canadiens. Il y a 73 000 noms qui sont gravés sur ce mémorial.

David Moody : Jardinier de la CWGC

Mais c’est au mémorial Terre-Neuvien de Beaumont Hamel que les ravages de cette bataille sanglante me font le plus écho. On y observe l’imposant monument de la 29ème division de l’armée  britannique de Terre-Neuve : la butte du Caribou, insigne du Royal Newfoundland Regiment. On peut y observer un large réseau de tranchées admirablement bien conservées. On distingue même nettement la ligne de front, symbolisée par l’arbre du danger qui marquait une zone de tirs particulièrement intenses et le site d’une forte concentration de victimes.

Je m’arrête pour ma dernière nuit à Albert. Je suis accueilli par Melissa et Stéphane, gendarme. Ils m’invitent même à prendre le petit déjeuner au sein de la caserne de gendarmerie d’Albert où on en profite pour prendre un selfie avec les gendarmes, mon vélo et moi.

Mémorial National Australien de Villers-Bretonneux

C’est assez ému que je laisse derrière moi ces vestiges d’un temps très sombre, pour prendre la direction d’Amiens en passant par l’imposant Mémorial National Australien de Villers-Bretonneux. L’espace d’un instant, cette micro-aventure de 3 jours dans le département de la Somme a su raviver de beaux souvenirs : pédaler en longeant le fleuve du même nom sous un beau soleil, passer à côté d’une faune et d’une flore riche, faire de magnifiques rencontres mais surtout, apprendre l’Histoire avec un grand H de cette région, certes sombre et émouvante mais que nous ne devons jamais oublier. 

Ecoutez mon podcast sur cette aventure dans la Somme

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